Graffitologie

Ce vaste sujet méconnu et négligé comprend souvent pour les plus anciens des dessins – personnages costumés, animaux réels ou imaginaires, démons, chevaliers, armoiries, cimiers, caricatures, bateaux, châteaux, symboles – ou écritures – sentences, noms, chiffres, dates, signatures, provenances, partis-pris, gags, insultes –, le tout étalé, voire superposé au fil des siècles. 

Dans notre région les plus anciens exemplaires liés à des bâtiments datent de l’époque romaine. Nos châteaux conservent des graffitis médiévaux des XIII, XIV et XVe siècles des plus intéressants. Passé la Renaissance ils se multiplient et témoignent, pour le dernier demi-millénaire, de la conscience d’une existence individuelle qui se traduit matériellement par le fait de lier de fragiles vies humaines à un support stable, tel qu’un mur, un rocher, supposé éternel en y marquant le plus souvent son prénom et nom, sa provenance et la date de son passage.

Ces marques aussi méconnues qu'intimes et touchantes - entièrement autographes - évoquent directement l’existence et les préoccupations de nos prédécesseurs.

Sinopie Sàrl avec l'association Graffitologia.ch (site à venir), milite pour leur documentation, l'établissement d'inventaires, ainsi que l'étude, la préservation et la valorisation de ce pan méconnu du patrimoine socioculturel. - entièrement autographe et des plus instructifs sur nos prédécesseurs.

Nous recommandons vivement de découvrir le site français du Groupe de recherche en graffitologie ancienne, le GR.GA

Graffiti incisé, chevalier savoyard, vers 1300-1320, photographie, relevé superposé et isolé.

 

Ouvrage de Noémie Arnold - Maillefer: A l'ombre des murs, les graffitis des châteaux de Chillon et Valère - Iconographie, conservation et muséographie.

Cette étude se penche sur la question des graffitis anciens dans les monuments historiques classés au patrimoine. Partant d’un choix d’inscriptions et dessins médiévaux incisés ou tracés et découverts sur les parois des châteaux de Valère (VS) et Chillon (VD), une réflexion est menée à propos de leur statut. Une partie est consacrée à l’histoire du graffiti, depuis la Préhistoire jusqu’à l’Art contemporain; l’évolution de la conception, de la réalisation et de la réception des graffitis permettant de mieux comprendre ce phénomène plus que jamais d’actualité. Après une partie iconographique présentant le corpus de graffitis sélectionné, la question de la valeur patrimoniale, artistique et historique, puis de la protection et de la muséographie est abordée. Les graffitis étant des biens culturels complexes dont la conservation autant que la présentation restent problématiques. A la lumière des chartes patrimoniales de l’UNESCO et d’exemples régionaux, quelques principes et hypothèses en matière de conservation et de muséographie sont présentés et discutés.

Durant ses études de muséologie, Noémie Arnold, médiéviste passionnée, rencontre le restaurateur d’art Alain Besse qui lui transmet sa passion pour les graffitis anciens et met à sa disposition ses minutieux relevés des traces de l'ombre des monuments vaudois et valaisans. Aujourd’hui Noémie Arnold travaille comme historienne de l'art et enseigne le français.